D.S.M.L.

On considére que le système médiatique tel qu’on le connaît aujourd’hui entretient le modèle social capitaliste et individualiste contre lequel nous nous battons. Il reproduit les cases et les séparations. On s'appuie en particulier sur l'argumentaire théorique développé par Peter Watkins dans Média Crisis pour critiquer les MMAV (Mass Media AudioVisuel).

Le Doctorat Sauvage en Média Libre (DSML) se fixe pour objectif de participer à inventer ce que pourraient être les médias libres de demain et leurs acteurs. A travers l'approche de la recherche-action on veut analyser avec le public les pratiques de tous médias, de masse ou alternatifs, et expérimenter collectivement des manières de faire et de s'exprimer ouvertes au plus grand nombre.

« Doctorat » Nous nous approprions ce terme académique en nous situant dans une démarche de recherche-action. Nous voulons sortir les savoirs théoriques des enceintes universitaires et construire des ponts entre le "dedans" et le "dehors" des "lieux de savoirs". Nous voulons créer un flux continu entre production théorique de connaissances et expérimentations pratiques de formes et de processus de création audiovisuelle. Nous voulons nous former et produire nos propres savoirs.

« Sauvage » Parce que ce doctorat connaît la puissance de l’engagement volontaire, la richesse de la rue, et ne souhaite pas s’en couper. Parce qu'il est aussi spontanéité et disponibilité. Parce qu'il est rebelle et se refuse à être domestiqué en agissant en dehors des cercles convenus et attendus. Sauvage pour rester primitivi.

« Média » au sens conventionnel : procédé permettant la distribution, la diffusion ou la communication d'oeuvres, de documents, ou de messages sonores ou audiovisuels. Nos films, nos fresques murales, les événements publics, nos sites internet, toutes les informations, les images et les mots que nous produisons et que nous diffusons composent notre média polymorphe.

« Libre » est celui qui reste à inventer, qui favorise et garantisse une expression et une participation ouvertes à tous. Libre de toute force politique, économique ou religieuse. Libéré aussi d’une tentation à reproduire les formes anciennes. Libre parce qu'il vise l'émancipation et l'autonomie.

 

Pour être pertinent, le DSML défend un processus politique global qui vise la co-fabrication d'instruments d'émancipation collective.

 

● Provoquer des espaces de rencontres entre personnes, permettant des constructions théoriques et des fabrications de pratiques. Pour cela il se veut ouvert et dans une position d' accueil aux gens et aux propositions dans l'intention de permettre que se croisent des réalités distinctes (groupes sociaux, domaines d'activités, recherche et action, etc.).

 

● Questionner les fondements et les fondations de notre projet de "Télévision de rue" pour les affermir ou les transformer. C'est à dire que nous opérons une analyse critique , à la fois des médias dominants, mais aussi de nos médias "libres" et "alternatifs" pour continuer à construire les bases politiques d'un média du commun : non dominant, partagé, émancipateur.

 

● Être mouvant et non programmatique : le DSML n'est pas un cursus. C'est plutôt le dessin progressif d'une carte, avec ses chemins, ses crêtes, ses lignes de côtes, ses zones inconnues. Cela nous place dans une démarche d'expérimentation et de tâtonnements où nous nous autorisons des détours, des échecs et des changements de rythme.

 

● Donner place à l'expression de la pluralité : comment faire vivre le débat en son sein et laisser exister le dissensus dans la forme des objets réalisés. Cette perspective est développée lors des différentes étapes de l'action avec l'objectif de faire émerger une pensée complexe .

 

 

 

 

 

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